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Surpris, il se détourne vers moi et me tend le combiné. Je le fixe de la même façon que si j'avais aperçu un tigre déguisé en Superman ; bien que du tigre il n'est probablement pas hérité de grand-chose. Que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir.... Bref, j'attrape l'appareil, ou plutôt je lui arrache agressivement des mains. Comme d'habitude mes manières brutales et violentes ne l'offusquent pas le moins du monde, et il continue à me fixer avec cet éternel sourire niais qui ne le quitte jamais. Exaspérée par son manque de répartie et le fait qu'il encaisse toujours tout sans en paraître contrarié, je colle le combiné à l'oreille avant de cracher avec véhémence :

- Quoi ?

On repère tout de suite mon étonnante et agréable délicatesse devant l'éternel.

- Avant même que tu ne dises quoi que ce soit, j'étais sûre que ton incommensurable courtoisie allait reprendre le dessus, lâche une voix narquoise mais immanquablement féminine.

- Bordel Flo', tu peux pas plutôt appeler sur le portable ?

Elle médite quelques instants à l'autre bout du fil et j'en profite pour lancer subrepticement un regard noir à Cyril, qui patiente calmement à mes côtés sans en paraître gêné. Ce mec doit être aveugle, c'est pas possible autrement.

- Rappelle moi lequel parmi la dizaine qui traîne dans ta chambre ?

J'étouffe un bref juron. Elle n'a pas tout à fait tort. A croire que je fais une antique collection de tout ce qui se rapproche de près ou de loin à un téléphone portable. En cherchant bien je suis sûre d'être capable de vous retrouver un Nokia 33-10. On n'arrête pas le progrès.
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# Posté le mardi 15 avril 2008 07:00

Modifié le mardi 15 avril 2008 07:38

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Je secoue brièvement la tête tout en dédiant à l'escalier un profond regard attristé. Pourquoi l'escalier ? C'est une bonne question, ravie qu'on me l'ait posé.

- Bon ok, j'admets ! Maintenant que t'as réussi à résoudre ton épineux problème numéro 1, fais-moi part du deuxième qu'on abrège.

- C'est ton voisin le rasoir qui te met dans cet état ? Ricane-t-elle en éludant ma remarque.

Florane, ou la fille qui a l'art de titiller les points sensibles en à peine deux innocents petits mots. Meilleure amie ou pas, elle ne fait aucune différence. Le mot pitié a été radié de son vocabulaire il y a déjà bien longtemps. Mais qu'elle essaye de se le coltiner à ma place et après on en reparle. La connaissant je suis sûre qu'elle l'aurait déjà envoyé au tapis après 2 minutes passées dans la même pièce. Même à une distance de sécurité de 15 mètres, il est encore capable de provoquer la syncope du premier passant venu...

- Tu accouches ou tu comptes me faire un check up complet de mon état de santé mentale ?

- Pète un coup ça ira mieux !

J'hésite fortement entre soupirer de désespoir ou encore éclater spontanément d'un rire ridicule. Je déteste être partagée entre deux envies complètement contradictoires. C'est comme si on me proposait de choisir entre un plat de spaghettis bolognaises et entre une assiette de lasagnes. 'Faut pas trop m'en demander non plus, hein ! Je ne reste qu'une humaine fondamentalement incapable de faire les choix les plus judicieux, quand ce n'est pas d'en faire tout court...
Y'a plus de limites à la stupidité, alléluia !

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# Posté le mardi 15 avril 2008 07:03

Modifié le mardi 15 avril 2008 07:38

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- Va te voir chez les grecs ma vieille !

A mes côtés, Cyril est toujours planté là. Toujours immobile. Toujours content. Et toujours en train de sourire bêtement. Putain il a bouffé quoi ce matin ? Un concentré de bonne humeur périmé ?

- Je reconnais là ton sens aigu de la répartie...

- Flo'..., ai-je baragouiné, passablement agacée par ses répliques sans grand intérêt.

- Ok, ok ! Ramène tes fesses au Moon Light, j'ai une surprise pour toi ?

Je me tais quelques secondes le temps de méditer sur ses propos. La dernière fois qu'elle m'a parlée de surprise, je me suis retrouvée trois semaines clouée dans un lit d'hôpital, avec une jambe dans le plâtre et un trauma' crânien. C'était quoi déjà cette merveilleuse idée ? Ah oui, du saut à l'élastique ! Je ne sais pas si elle avait prévu que le fil péterait à 10 mètres au dessus du fleuve. Pour éviter, à l'une prochaine merveilleuse surprise, de me trouver embrochée par un harpon malencontreusement oublié dans ma baignoire, j'ai préféré mettre un petit ola sur tout ce genre de trucs farfelus et pour la plupart, involontairement dangereux...
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# Posté le mardi 15 avril 2008 07:04

Modifié le mardi 15 avril 2008 07:38

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La sécurité avant tout...

- Je ne risque pas de finir borgne ?

- Euh non.

- De me faire étrangler ?

- Non plus.

- D'être ébouillantée ?

- Toujours pas.

- Ok je rapplique !

Je raccroche sans avoir dit « merci », « au revoir » ou « à tout de suite » et me dirige directement vers la sortie. Un raclement de gorge incongru me rappelle immédiatement que je ne suis pas seule. Fait chier !

- Ramène tes fesses !

- Quoi ? Demande-t-il, étonné.

- Tais-toi et suis-moi. Je te poserai chez le serrurier en rentrant.

Il sourit avec chaleur et je réprime une envie de lui claquer le beignet. Il ne pourrait pas, pour une fois dans sa vie, faire preuve d'un peu de colère ou d'agressivité ? Genre délaisser la peau du bon petit caniche pour endosser celle du grand méchant loup... Son regard amusé me donne furtivement la réponse à ma question muette. Les miracles, ce n'est pas encore pour aujourd'hui...
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# Posté le mardi 15 avril 2008 07:05

Modifié le mardi 15 avril 2008 07:38

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Caché de son mieux derrière un véhicule rouge, Miza observe, sous une pluie fine et rafraîchissante, l'entrée de la maison de laquelle viennent d'apparaitre Lara, accompagné d'un jeune homme brun souriant. Une main en visière sur son front, elle plisse les yeux telle une espionne pour améliorer sa vision. S'étant assurée que c'est bien leur cible qui se déplace, elle prend son talkie-walkie et le rapproche de sa bouche.

- L'ours a quitté sa tanière, je répète, l'ours a quitté sa tanière.

Un bref grésillement plus tard, une voix familière lui répond avec exaspération.

- Je suis à deux mètres de toi andouille !

Totalement prise au dépourvu, la jeune femme tourne doucement la tête avec l'appréhension de ce qu'elle risque de découvrir. Bien entendu, son regard se pose sur une Cécile totalement dépitée.

- Ah oui en effet, t'es là...

- Bravo, quel sens de l'observation ! Cingle-t-elle.
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# Posté le mardi 15 avril 2008 07:08

Modifié le mardi 15 avril 2008 07:38